Regard de nymphes

Un jour, m’étant endormi au bord d’un étang solognot, dans la tiédeur estivale, j’ai rencontré une nymphe. ou, plus exactement, entendu sa voix, à peine deviné comme un frémissement dans les herbes bordant les eaux calmes du lieu. « hé toi, l’homme au regard mécanique, sais-tu comment nous voyons le monde ? Bien différemment de toi, n’en doute pas », chantona-t-elle en disparaissant prestement.

L’idée s’imprégna dans ma tête. Elle avait gagné. et le concept photographique surgit, me séduisant d’un coup. Et si je mettais mon regard à leur portée, pour voir ce qui m’entoure autrement. Et j’ai comme l’impression de ne plus être seul quand je me promène, en ville ou en campagne, en forêt ou sur le littoral. Elle a du passer le mot à ses sœurs et ses cousines. Néréides, naïades et autres limoniades semblent m’accompagner sans cesse, jouant à faire les muses, pour mon plus grand plaisir.

Et le sujet est inépuisable. Elles sont partout, bienveillantes, généreuses, gaies ou mélancolique. Tant qu’on ne les déçoit pas…