POESIES (En vers…et contre toux)

1/ LES VERITES DES APPATS D’ALICE
Alice en son destin, et Carol en sa source
Virent dans le miroir un homme aux cheveux bleus
Qui leur conta fleurette.
Tulipe autant que rose, mais surtout marguerite
Pétalant dans la foule, Alice s’éclipsa
pour rejoindre la lune.
Blonde autant que folâtre, vêtue d’un souffle d’air
Elle vint rompre la glace, croyant au rendez-vous
Qui ne fut qu’un lapin.
Alice la mignonne, aux attraits tentateurs
crut en la vérité, mathématiquement votre
Comme logique veut.
Et tantpis pour le roi, qui s’y frotte s’y pique
En voulant la faire reine
Se retrouva valet.
Allez, ne pleurez pas, tendre et belle naïve
Les merveilles du jeu sont autant de mystères
Qui méritent vos yeux.
Si Carol, en sa source, rêve de vos atours
Apparaissez en elle, retournant le miroir
Et dites en un sourire
J’adore vos Qui, j’appers vos Qui
Des Qui qui interrogent, Alice,
La vérité
De vos appâts lisses.

2/ EGO SANS TRAC
Las, Narcisse un matin tint un langage sot
S’autorisant des mots modèles de bêtise
Isidore, O dévot, vota la convoitise
Isidore, O mutin, t’inventa un ragot.
Gauche et pâle catin t’invitant au culot
Lotérisant l’écot qu’oblige la sottise
Isidore, O bécot, copula sans hantise
Isidore, O tétin, tint ici le gros lot.
L’autocrate trop fou, foudroyant les amants
Mentit au garde-fou, fourvoyant les dormants.
N’entendez-vous, poètes, êtes-vous un mirage ?
Agitant vos écrits, critiquant tous ces fats
Fabuleux mais trop bêtes. Etes-vous à la page?
A genoux, Isidore, tes cris sont bla, bla, bla.

3/ POE ET ZIE SONT DANS UN BATEAU
Un rayon fait la roue
devant un cadre vide
Une banane mure
croyant garder la ligne
veut se mettre au régime
Un trombone vieillot
A l’air mal embouché
Crache ses sales notes
Sur une portée-pique
Un sarcasme d’envie
germe sur le parquet
atteint le secrétaire
qui s’écroule bêtement
Ridicule et mutin
Un matou trop miteux
Fut maté ce matin
Par deux matheux mutés.
En flots grondants et vagues
Des M mal aimés
glissent sur mon clavier
et s’étalent soudain
Et moi, dans mon lit-cage
Moi, maitre du barreau
Fier de ma couverture
Je mange un avocat.

4/ CEUX QU’ON DAMNAIT
Allongé sur le ventre
les deux mains dans le dos
Il attend le couteau
qui reste dans son antre.
Il rêve de soleil
de rivière et de joie
Et il pense aux abeilles
qui volent dans les bois.
Mais voulant couper court
A tous ces rêves idiots
nous voyons le couteau
s’abattre en un bruit sourd.
Voilà qui est bizarre
Le couteau rebondit
Epargnant le taulard
Qui trouve ça inouï.
Pas moins que le Samson,
Qui sur le coup se meurt
Condamnant le garçon
A se faire pendre ailleurs !

5/ EN VERS ET CONTRE TOUS

C’est un poème en vers
Envers et contre tous
Contre tous ceux qu’écrivent envers
En vers, et contre tous
Contre tous ceux qui riment
Qui riment et qui arriment
Qui rythment et qui briment
Pour n’arriver à rien
Ce qui ne rime à rien
C’est un poème en vers
Envers tous ceux qui riment
Pour le plaisir de rimer
Pour le plaisir de rythmer
Envers tous ceux qui triment
Pour le plaisir d’écrire en vers
En rose, en jaune, en bleu
Et qui pensent en vers
Envers et contre tous.

 

6/ AU NID SOIT QUI MAL Y PENSE

Pas si sotte que ça, Sidonie s’est sauvée.
Attirée par les mots d’un être trop malin
Soumises à ses caprices, prise et reprise à souhait
Sensée et si songeuse, elle fermait son esprit
Idolâtrant le corps, et trouvant là sa voie.
Oublierais-je sa vie, qui réveillait mon âme
Naguère, en d’autres lieux, quand j’étais un peu fou.

 

7/ COMPLETEMENT SONNET

D’un sonnet importun je couvre ce papier
N’en déplaise vraiment à celui qui le lit
Je veux en deux, trois mots, tâter de poésie
Et d’avance me garde d’être trop critiqué

Ni vers enrubannés, ni rimes de bon pied
feront de moi célèbre, j’aime bien trop mon lit
Et crains plus, à vrai dire, les longs frimas d’envie
Que l’ennui solitaire, voilà ce qui me sied.

Parler pour ne rien dire, voilà qui me complait
Et fi de ces critiques qui me trouvent bien laid
Je préfère la plume, même pauvre pédante

A la rime bien faite, au vers bien tourné
N’en déplaise aux puristes qui vivent dans l’attente
D’inoubliables mots. Tenez, c’est terminé.
Pierre de Ronflard