CHA1 : Sur les pavés, l’outrage !

Le jour du 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, Achille Zapatta reçoit dans son auberge un étrange inconnu, aux révélations surprenantes. Tout a commencé neuf mois plus tôt, à Orléans.

Parole d’alcoolique. Sa tête à raser, disait-il.  En cet après-midi d’été, couché sur son lit d’hôpital, toujours sous le choc, Adrien n’en menait pas large, couvert de pansements. Pas beau à voir, le gars. Et le pigiste du site web d’infos régionales QuotiWeb qui tentait de comprendre son aventure avait bien du mal à tout noter. L’homme avait le verbe haut, le langage fleuri, mais les idées plutôt en vrac. Une seule solution. Faire un enregistrement, et tout décortiquer ensuite, en rentrant au bureau. Enfin, dans sa piaule de l’université qui lui servait de bureau. Il lança l’application du smartphone, s’enfonça comme il put dans le fauteuil inconfortable de la chambre, et se contenta de prendre quelques notes, sans interrompre le débit de « l’artiste ».

La fille à la jupe rose n’avait pas de soutien-gorge. Et sûrement pas de culotte. Pour le soutif, je pouvais le jurer, j’avais vérifié. En reluquant dans le décolleté de son chemisier quand elle s’était penchée pour prendre un kleenex dans son sac, à côté de moi, à une table du Lutétia où je prenais un café, le cinquième de la journée. Un sacré paysage, vallonné à souhait, comme je les aime. En rêve. Deux beaux nichons fermes et ronds, couleur cacao, avec des petits tétons adorables. Un vrai régal. Pour la culotte, je n’allais pas tarder à le savoir.
Cela faisait dix-minutes que je la suivais. Dix-minutes que j’avais quitté le bistrot, sous le regard figé de Jeanne d’Arc, statufiée face à la cathédrale, de chaque côté de l’esplanade, pour partir derrière cette mousmée à peine âgée de vingt printemps qui balançait des fesses avec une élégance incroyable. Impossible de rester plus longtemps, d’ailleurs, car c’était l’heure de la fermeture, et José, le serveur, m’avait gentiment, mais fermement, poussé vers la porte. J’étais le dernier client, et il ne voulait pas de problèmes avec les flics, qui n’étaient pas trop ses copains.
En fait, c’était vraiment une aubaine pour moi. Cette blackette était vraiment canon. Presque le sosie de La Beauce, érigée en toute nudité devant l’office du tourisme. Grande, mince, élancée, elle avait vraiment fière allure. Difficile de l’ignorer, dans sa tenue d’été pas vraiment sage. Pour une fille comme elle, je serais presque parti aux Antilles, ou reconquérir l’Afrique. C’est pas ma faute, mais j’adore la chair fraîche, surtout quand elle est exotique. Vivement qu’elle arrive dans un coin tranquille, à l’écart des réverbères, pour pouvoir la coincer contre un mur. De l’avis de toutes, j’étais un expert de la main baladeuse. De la main qui palpe et qui touche, qui soupèse et qui s’insinue, qui s’aventure et qui fait gémir.
Cela faisait dix minutes que je matais son arrière-train, et je n’avais toujours pas vu de marque d’élastique. C’était sûr, elle n’en avait pas. Salope ! Ma journée se terminait bien. Depuis au moins trois mois, je n’en avais pas vu d’aussi belle. A près de cinquante ans, on se contente de peu. Mais là, c’était vraiment le gros lot. Dans l’après-midi, j’avais tenté ma chance à la plage du plan d’eau, devant la terrasse de la cafétéria, mais sans succès. Sacrée Charlemagne. C’était pourtant là que toutes les minettes venaient se rafraîchir après s’être fait griller sur le sable. En plein été, avec les touristes, comme à la rentrée, avec les étudiantes, c’est le terrain de chasse idéal des dragueurs du secteur. Il y a toujours le choix. Quand on a un peu de temps, en se baladant, on peut même faire les repérages. Ce n’est pas le gibier qui manque et on juge directement sur pièce, vu le peu de tissus qu’elles ont sur elles. Du prêt à consommer, pour sûr, et jamais de surprise, quand on sait y faire. Sauf une fois, un jour où Pierrot, un pote à moi, avait un peu trop bu de bières. Complètement aveuglé par une paire de roberts gros comme des melons, il avait voulu y aller direct, jouer au mariolle, et il s’était retrouvé rapido à la baille, avec son bermuda et son tee-shirt de chez Mickey. Il n’avait pas vu le mec à côté, un gros balèze qui s’était un peu énervé. Pierrot n’aurait pas dû proposer de lui mettre de la crème à bronzer dans le dos, à la fausse blonde. Ce n’était pas malin. Surtout qu’il avait oublié son tube.
Par contre, celle-là, c’était autre chose. Un calibre vraiment au dessus. Avec ses cheveux noirs ondulés, son déhanchement étudié, on aurait dit un Top Model, ou une athlète haut de gamme. Pas le genre barrique, bien au contraire. Un vrai clone de Claudia Schiffer version acras qui donnait envie de lui offrir le boudin sans discuter. Rien que d’y penser, j’en étais tout chose. Si la balade durait trop longtemps, j’allais avoir du mal à marcher. Mais je connaissais le quartier. La fille allait à l’hôtel d’Orléans, le bien nommé, pas très loin. C’est là qu’elle créchait, encore pour quelques jours, le temps de signer un contrat de je ne sais pas trop quoi. Elle l’avait dit à José, avec son air de mijaurée.
Génial ! La fille venait de se tromper. Elle avait loupé la bonne rue à gauche, et s’engageait dans celles mal éclairées, dans le sens opposé. Pas trouillarde. C’était ma chance, pas de doute. Vas-y coco, c’est bonnard. En un rien de temps, j’étais sur elle, la bousculais, l’obligeais à lâcher son sac, et la coinçais contre un mur de vielles pierres, pas encore restauré. Ventre contre ventre, presto, je lui plaquais une main sur la bouche, et engageais l’autre dans le chemisier, faisant sauter les boutons. La peau de ses seins était douce, et ses tétons commençaient à durcir. «T’aimes çà, Fatouma, hein ! T’as pas encore tout vu», que j’lui disais à l’oreille. Mes doigts couraient sur sa peau, repoussaient le tissu, soulevaient la jupe, et glissèrent entre les cuisses. Merde ! Gourance ! Elle avait une culotte. Une toute petite, toute fine, qui ne cachait pas grand chose. Et c’est là qu’j’aurais du me méfier. Mais j’étais trop excité.
La fille m’a regardé de ses grands yeux verts, pas effrayée, presque souriante, vite remise de sa surprise. « Arrêtes, pas comme çà », qu’elle m’a soufflé vivement, d’une voix rauque, avec juste une petite pointe d’accent pas français. Puis, d’un geste brusque, elle a dégagé son bras droit, lancée sa main vers mon froc, et descendu d’un coup sec la fermeture éclair de ma braguette. Elle était directe, la gamine. J’avais eu du flair. Elle en voulait !
C’est ce que j’ai cru encore quand elle a fouillé dans mon slip, prit mon engin à pleine main, et s’est laissé aller contre moi. Mais pas longtemps. A peine dix secondes, juste avant de me mettre à gueuler. La garce ! Elle venait de me tordre le machin. Et de me filer en même temps un sacré coup de boule.
Cloué. J’ai lâché prise sans discuter, me suis emmêlé les pieds, et valdingué en arrière, la tête la première sur le sol. Sacré choc. C’est à peine si j’ai entendu la fille s’échapper, puis crier, avant de sombrer dans le noir. Sans savoir où j’avais mis les pieds…

PAS-CHA (intro) : Pour solde de tous contes –

à suivre : CHA2 : Histoire pour se mettre en train

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