AQUA ça rime ?

LES VERITES DES APPATS D’ALICE

Alice en son destin, et Carol en sa source
Virent dans le miroir un homme aux cheveux bleus
Qui leur conta fleurette.

Tulipe autant que rose, mais surtout marguerite
Pétalant dans la foule, Alice s’éclipsa
pour rejoindre la lune.

Blonde autant que folâtre, vêtue d’un souffle d’air
Elle vint rompre la glace, croyant au rendez-vous
Qui ne fut qu’un lapin.

Alice la mignonne, aux attraits tentateurs
crut en la vérité, mathématiquement votre
Comme logique veut.

Et tantpis pour le roi, qui s’y frotte s’y pique
En voulant la faire reine
Se retrouva valet.

Allez, ne pleurez pas, tendre et belle naïve
Les merveilles du jeu sont autant de mystères
Qui méritent vos yeux.

Si Carol, en sa source, rêve de vos atours
Apparaissez en elle, retournant le miroir
Et dites en un sourire

J’adore vos Qui, j’appers vos Qui
Des Qui qui interrogent, Alice,
La vérité
De vos appâts lisses.

 

EGO SANS TRAC
Las, Narcisse un matin tint un langage sot
S’autorisant des mots modèles de bêtise
Isidore, O dévot, vota la convoitise
Isidore, O mutin, t’inventa un ragot.
Gauche et pâle catin t’invitant au culot
Lotérisant l’écot qu’oblige la sottise
Isidore, O bécot, copula sans hantise
Isidore, O tétin, tint ici le gros lot.
L’autocrate trop fou, foudroyant les amants
Mentit au garde-fou, fourvoyant les dormants.
N’entendez-vous, poètes, êtes-vous un mirage ?
Agitant vos écrits, critiquant tous ces fats
Fabuleux mais trop bêtes. Etes-vous à la page?
A genoux, Isidore, tes cris sont bla, bla, bla.

 

POE ET ZIE SONT DANS UN BATEAU

Un rayon fait la roue
devant un cadre vide
Une banane mure
croyant garder la ligne
veut se mettre au régime
Un trombone vieillot
A l’air mal embouché
Crache ses sales notes
Sur une portée-pique
Un sarcasme d’envie
germe sur le parquet
atteint le secrétaire
qui s’écroule bêtement
Ridicule et mutin
Un matou trop miteux
Fut maté ce matin
Par deux matheux mutés.
En flots grondants et vagues
Des M mal aimés
glissent sur mon clavier
et s’étalent soudain
Et moi, dans mon lit-cage
Moi, maitre du barreau
Fier de ma couverture
Je mange un avocat.

 

CEUX QU’ON DAMNAIT

Allongé sur le ventre
les deux mains dans le dos
Il attend le couteau
qui reste dans son antre.
Il rêve de soleil
de rivière et de joie
Et il pense aux abeilles
qui volent dans les bois.
Mais voulant couper court
A tous ces rêves idiots
nous voyons le couteau
s’abattre en un bruit sourd.
Voilà qui est bizarre
Le couteau rebondit
Epargnant le taulard
Qui trouve ça inouï.
Pas moins que le Samson,
Qui sur le coup se meurt
Condamnant le garçon
A se faire pendre ailleurs !

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